Lucy [Luc Besson, 2014]

Après avoir été piégée par un petit ami fumeux, Lucy est forcée par un narcotrafiquant à lui servir de mule : un sachet contenant du CPH-4 de synthèse, une nouvelle drogue surpuissante, lui est implanté dans l’abdomen. Un passage à tabac violent fait s’ouvrir le sachet, et le corps de Lucy absorbe des quantités phénoménales de cette drogue, lui permettant d' »ouvrir » son cerveau à des capacités encore inexplorées pour l’espèce humaine. Lucy va chercher à se venger d’une part, mais aussi à survivre et à transmettre ses nouvelles connaissances.

LucyAprès avoir été un temps séduite par une bande-annonce alléchante, j’avais ensuite entendu trop de mauvaises critiques pour avoir envie de franchir le pas et aller voir Lucy. J’aurais mieux fait de m’en tenir là. Mais c’était sans compter un long week-end de 15 août, qui m’a guidée tout droit vers le cinéma le plus proche.

La bande-annonce qui met en avant quelques cascades et moments forts du film n’était pas mensongère : Lucy aurait pu faire un bon film d’action. La toute première partie du film, à Taïwan, m’avait convaincue : Lucy piégée par Richard, puis conduite devant le terrible mafioso, est interprétée par une Scarlett Johansson investie, que je me suis plu à suivre.
Problème : on ne s’arrête pas là. Déjà, les premiers effets du CPH-4 sur le corps de Lucy m’ont fait hausser un sourcil empli de doute. Mais. Elle se colle au plafond, soit.

Là où le bât blesse vraiment, c’est lorsqu’on sort du registre du film d’action pour basculer dans le n’importe quoi : plutôt que de « simplement » se venger du trafiquant qui cherche à récupérer son précieux bien, voilà Lucy pleine de préoccupations éthiques. Madame a des synapses et des neurones hyperactifs, et elle est bien décidée à en parler au Professeur Norman, éminent spécialiste du cerveau humain interprété par Morgan Freeman. Oui, mais elle connaît déjà tout, et notre professeur n’est que le spectateur du savoir sans borne de Lucy. Si Morgan Freeman a vraiment l’air de se demander ce qu’il fait là, rassurons-le : nous aussi.
La compréhension immédiate de son cas par Lucy, son auto diagnostic, sont bien trop faciles, tout comme le manque de surprise du professeur, convaincu par ce qui n’est impossible à aucun hacker qui se respecte. Le cerveau trop ouvert de Lucy justifie donc toutes les incohérences du scénario. Le plus ridicule dans tout ça reste encore le contrôle de son corps par Lucy, qui lui permet d’évoluer à l’infini : pitié. Je regrette d’ailleurs que le voyage ou la projection dans le temps et l’espace, qui pouvait être très intéressant, ait été l’occasion pour Besson de faire du Besson, et de rendre tout ça risible. En apothéose, une reconstitution de la création d’Adam par Michel-Ange made in Besson entre Lucy et son homonyme australopithèque. J’ai honte, je vous le dis.

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30 réflexions sur “Lucy [Luc Besson, 2014]

  1. J’ai été plus ou moins obligée d’aller voir le film. Contrairement à toi, je n’avais vu qu’un petit bout de la bande-annonce et je savais vaguement de quoi ça parlait, mais c’est tout. Le film aurait pu être excellent : se pencher sur les capacités du cerveau est intéressant, l’action ajoute du piquant, mais finalement, on se retrouve avec un globiboulga étrange. Je ne suis même pas sûre d’avoir tout à fait compris le message du film.

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  2. ravie de te revoir ailleurs! Mon mari voulait voir ce film, on ne va jamais au ciné (pour cause d’enfants dans les pattes, ou alors on y va voir des dessins animés). Bon, on n’est pas allé voir celui-là et je me dis, tant mieux 🙂

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  3. Je reste donc sur ces avis négatifs qui sont bien plus nombreux que les positifs dans mon d’outrage (et ceux des gens dont je suis le plus proche aussi, question goût). Je verrai donc le film à la maison 🙂 (encore Morgan Freeman ? Mais ils ont quoi avec lui en ce moment ?).

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  4. C’est le genre de film trop marketing pour me donner envie d’aller le voir au ciné! (et en plus si c’est pas terrible….) J’attendrais que mes collègues de la bibliothèque l’achète en DVD pour le visionner quand même par curiosité.

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  5. Je déteste les films de Luc Besson (à quelques rares exceptions près) ! La bande-annonce de celui-ci m’avait consternée, aussi n’ai-je même pas pris la peine de me déplacer pour le voir (oui, je suis un peu snob). ^^

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  6. Bouh c’est vilain ça ! Bon on est quittes puisque je n’ai pas aimé Docteur Sleep :-DD
    Oui certes ce film n’est pas parfait mais il m’a fait passé un très bon « moment Besson » et ça m’a bien suffi 😉

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  7. Déception, déception… Et un peu de colère, parce que j’ai l’impression d’avoir été prise pour une imbécile inculte (pour ne pas dire autre chose). Besson repique à d’autres leurs plans sur la civilisation en étant moins doué pour les mettre en scène et n’a apparemment rien compris aux métaphores à la Malick qu’il essaie de reproduire en nous insultant au passage (« attends, là, Lucy, elle est en DANGER, regarde, je t’explique qu’elle est comme cette souris, puis là comme cette gazelle. Tu comprends la beauté de la comparaison là? Et là? Et si je la répète 5 fois, tu la comprends? Oui, je sais, c’était complexe… »).

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  8. Après les vacances, envie de cinéma.. On va voir Lucy parce qu’en vo il n’y a que celui-là. Pas emballée par la bande-annonce, chouchouman me convainc. Résultat : un film ridicule, des scènes aussi risibles les unes que les autres, des acteurs qui ne peuvent pas rattraper ce désastre. Un pur produit. J’en ai définitivement terminé avec Besson.

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